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  • Anouck Arnould

Vous avez dit hiérarchie ?

On a longtemps pensé que pour se faire écouter de son chien, il fallait absolument le dominer, maîtriser la bête, sinon c'est lui qui prend le dessus. Heureusement, depuis maintenant plusieurs années que nous nous intéressons (enfin !) au chien, à travers des études scientifiques et éthologiques, nous savons aujourd'hui que d'autres approches existent, plus respectueuses des besoins et des instincts de l'animal.


Pour commencer, rappelons qu'une hiérarchie s'installe au sein d'une espèce dans un but précis, celui de la faire perdurer. Ainsi, chaque individu a une place particulière et joue un rôle spécifique pour maintenir l'équilibre au sein du groupe ; parfois pour la chasse, la protection face aux prédateurs et la reproduction.


Autant dire que cette hiérarchie est improbable entre l’humain et son chien et si nous avons tout à fait conscience que le chien appartient à une autre espèce, celui-ci ne nous perçoit pas comme un de ses congénères.


Est-ce que l'homme de la famille a besoin d'entrer en concurrence avec son chien pour avoir les faveurs de son épouse ? Est-ce que ce dernier se sent menacé dans son rang lorsque nous partageons le canapé ? Est ce que nous devons nous battre avec lui avant de passer à table ?




De plus, les groupes de chiens vivant à nos cotés n’ont pas besoin de chasser pour se nourrir, pas besoin de se défendre face aux prédateurs ni d’entrer en compétition pour la reproduction. Même entre eux, ils ne connaissent pas le système hiérarchique tel que nous le concevons.


Lorsqu'il y a conflit, on évoque plutôt une défense de ressources fluctuante et contextuelle.


Focus sur mon chien. Rémi mon boxer, qui est un individu plutôt placide, ne dit rien si un autre congénère lui prend son jouet, s'installe dans son panier ou le pousse pour avoir les câlins de l'humain : il pourrait être vu alors à ces instant précis comme un « dominé »...en revanche, extrêmement gourmand, il ne laisse personne s'approcher de sa gamelle ou d'un os à mâcher, une attitude qui le qualifierait de « dominant »...des termes faciles et réducteurs qui ne reflètent pas la réalité. Alors, mon chien est-il un mélange de "dominant/dominé" ? Sans doute...


Le comportement du chien est toujours déterminé par son envie du moment, sa motivation à l'instant T et sera variable en fonction de son âge, son état de santé, son environnement, la présence ou non d'humain ou de congénère.


Un chien qui a appris qu'en grognant ou en montrant les dents, il obtient ce qu'il veut (le jouet du petit copain, la place sur le canapé ou la défense de sa gamelle), aura tout intérêt à reproduire ce comportement si fructueux ! Cette attitude peut devenir alors comme une seconde nature. Mais pas d’inquiétude, il n'en est pas devenu pour autant un monstre sanguinaire. Il suffit de lui faire comprendre qu'adopter une autre attitude sera plus payant pour lui.


Enfin, un chien qui grogne ou montre les crocs, trop souvent qualifié de dominant par ses propriétaires, peut simplement traduire de la crainte ou du stress face à une situation qui peut nous paraître anodine mais qui est anxiogène pour lui (proximité avec des congénères, enfants trop présents, bruits inquiétants, événement rappelant une mauvaise expérience, etc...). Tous ces signaux sont normaux, ils font partie de ses moyens de communication et nous préviennent que notre chien est en difficulté. Ne pas en tenir compte, c'est l'assurance d'une dégradation dans notre relation. A nous de le rassurer et de lui faire comprendre qu'il ne risque rien.


Bonne nouvelle...nous pouvons donc dormir avec lui, l'autoriser à monter sur le canapé, le laisser passer les portes en premier, le faire manger avant nous sans que ce dernier ait des prérogatives de chef de meute !


En réalité, les choses sont assez simples. Nous cohabitons simplement avec notre chien et plus nous sommes capables de décoder son langage et capables de lui faire comprendre ce que nous attendons de lui, plus nous avons des chances de vivre en parfaite harmonie .


L'essentiel est de mettre en place, dés le début, des règles cohérentes et constantes : si on laisse le chiot monter sur le canapé et qu'une fois adulte, on le lui interdit, il y a incompréhension de sa part....si deux personnes dans la famille échangent avec lui de façons très différentes, il y a incompréhension de sa part...si on s'évertue à lui faire des demandes qu'il ne comprend pas, il y a incompréhension de sa part.


Si le chien fait tous les efforts du monde pour nous comprendre et s'adapter à notre environnement, s'il accepte avec beaucoup d'indulgence nos erreurs et nos humeurs, il est évident que l'alchimie d'une relation de qualité dépend aussi de notre capacité à nous adapter à lui.

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